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Cuisiner chez soi sans effort : le succès grandissant des chefs à domicile

D'après un reportage d'Actu.fr consacré à une initiative caennaise, l'entreprise Toque et Tac officialise en octobre un service de chef à domicile chargé de préparer, en une demi-journée, les repas de la semaine à venir.

Cuisiner chez soi sans effort : le succès grandissant des chefs à domicile

Le concept, ouvert aussi bien aux actifs qu'aux seniors, repose sur une communauté de cuisiniers indépendants recrutés localement. Le Parisien signalait dans le même temps qu'à Troyes, un professionnel identifié à sa spécialité d'œuf mayo propose désormais une offre comparable — signal qu'une tendance de fond s'installe en France, dont les chefs privés provençaux finiront par percevoir les effets.

Le retournement qui a tout changé

Toque et Tac est née d'un détour. Harmonie Durand, ancienne aide-soignante, envisageait au départ un laboratoire de portage de repas pour personnes âgées. Le portage n'a pas tenu sa promesse d'isolement, ce qui a conduit, avec son conjoint Thomas Akan, à inverser le flux: faire venir le chef plutôt que le repas. L'équipe, qui se connaît depuis une quinzaine d'années, s'est depuis étoffée avec Nathan Dabout au recrutement des cuisiniers et Bastien Lemaître au développement.

Lancée il y a un an et demi, la jeune entreprise revendique déjà près de 150 candidatures de chefs. Tous sont indépendants et fixent eux-mêmes leurs disponibilités ainsi que leur périmètre d'intervention — autour de Caen, en général dix à quinze kilomètres. Officiellement reconnue « services à la personne », la structure permet aux clients de bénéficier d'un crédit d'impôt de 50 % applicable directement à la facturation, ce qui rapproche son cadre fiscal de celui d'une aide ménagère. Thomas Akan tient enfin à distinguer son activité de celle d'un traiteur: pas d'événements ni d'anniversaires au programme, seulement ce service domestique — ce qui replace le geste dans l'intimité de la cuisine familiale plutôt que dans la scénographie d'un buffet.

La liste de courses comme partition

Le parcours client tient en peu d'étapes. On choisit sur le site le nombre de repas pour la semaine — entre trois et cinq actuellement — et le nombre de parts. Chaque semaine, des recettes différentes sont proposées, élaborées avec une cheffe en tenant compte des allergènes, des exclusions et des régimes alimentaires. Une fois le menu arrêté, le client sélectionne le chef le plus proche de son domicile; une liste de courses est alors générée.

Ce point mérite qu'on s'y arrête: la liste n'est pas un à-côté administratif, c'est le synopsis de la demi-journée. Elle indique au chef ce qu'il trouvera dans les placards — épices, huiles, appareils — et ce qu'il devra apporter. Mieux elle est renseignée en amont, plus la partition peut se jouer sans anicroches, et plus le professionnel pourra se concentrer, une fois sur place, sur l'architecture des saveurs plutôt que sur l'inventaire des équipements.

Ce qu'il faudra observer

Reste, pour les chefs privés installés en Provence, à suivre comment ce type de structure compose avec la dimension relationnelle du métier. Une venue de quatre heures dans une cuisine laisse une empreinte gustative qui devra, elle aussi, tenir toute la semaine. C'est moins dans la recette que dans la conversation que se joue la fidélisation — et c'est précisément ce qu'aucun algorithme de plateforme ne sait encore orchestrer.